--Je suis Al Moustapha, je suis un fils de la Terre, je suis un enfant du Soleil...
--Moi ! L’Errant... Je me suis arrêté !
Moi ! Le voyageur... Je suis resté !...
--J’ai trouvé refuge sur Orphalèse, petit satellite qui gravite autour de la planète Cyrus,
--il y a de cela une douzaine d’années.
--Moi qui ai toujours vécu, en dehors du vide stellaire, dans les palais des puissants, j’habite
--depuis douze ansparmi les gens simples d’Orphalèse...
--Je suis un voyageur et mon chemin m’a guidé vers une nouvelle épreuve : celle de l’amour...
--Al Mitra a enfreint les lois pour me soigner, sachant que l’amour était au bout de ma guérison.
--Un amour impossible car nous avons tous deux voué nos vies à la spiritualité.
--Un amour interdit puisque les grandes prêtresses n’ont pas le droit de s’unir à un mâle...
--Nous cachons notre amour aux yeux de tous depuis trop longtemps. Elle ne doit plus courir
--de risque et elle ne doit plus hanter mon esprit. Je dois fuir Orphalèse pour ton bien,
--pour le mien et celui des siècles à venir. Je suis resté ici depuis trop longtemps ett
--je dois reprendre mon voyage vers d’autres horizons.
--Depuis l’annonce de mon départ, les habitants se sont réunis pour un dernier adieu.
--Voilà les premiers qui s’approchent de moi et qui m’accompagnent à mon vaisseau.
--Je peux lire dans leurs regards l’amour qu’ils me portent et cela réchauffe mon âme meurtrie.
--Je les connais tous, enfants, vieillards et parents. Chaque visage est une histoire que je me
--remémore. Je sens leur tristesse et certains m’implorent de rester. Le jour qui nous sépare
--sera-t-il le jour qui nous rassemble ? Les gens me questionnent sur ce que j’ai appris chez eux.
--Ils veulent que je leur parle de la vie...
--Peuple d’Orphalèse, de quoi pourrais-je parler sinon de ce qui, encore maintenant,
--se meut dans vos âmes ?
--Tour à tour les habitants me questionnent sur leurs préoccupations et à chaque réponse mes
--pensées t’accompagnent...Le temps a passé, je vous ai tout livré de mon âme et de
--mon esprit, maintenant les vents stellaires m’enjoignent de vous quitter.
--Mais n’oubliez pas que je reviendrai à vous ! Un court instant et de mes vœux j’appellerai
--poussière et écume à former un autre corps. Un court instant, un moment de repos sur le vent
--et une autre femme me donnera naissance.